Aider les jeunes à prendre un nouveau départ

Publié le 19/10/2017

Regards croisés sur le partenariat innovant signé entre la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) et 3F : Dominique Simon, directeur interrégional de la PJJ, et Martine Delfau, référente du projet au sein du département de Gestion sociale et urbaine de 3F.

Dominique Simon - PJJMartine Delfau - 3F

 

« C'est en nous mobilisant que nous donnerons une nouvelle chance aux jeunes tout en améliorant la vie des quartiers! » - Dominique Simon

« Les jeunes réalisent l’importance du rôle de gardien·ne au sein de la résidence. Un respect mutuel naît de cette expérience ! » - Martine Delfau

 

 En quoi consiste le partenariat entre la PJJ et 3F ?

Dominique Simon : Notre partenariat avec 3F s’inscrit dans le cadre de la démarche globale que nous menons en matière de santé, d’insertion professionnelle et d’accès au logement des jeunes de 15 à 18 ans. C’est dans le domaine du logement que nous nous sommes adossé·e·s à 3F qui nous apporte son expertise en tant qu’entreprise de référence du logement social.

Notre partenariat porte sur quatre axes :
> l’exécution des mesures de réparation pénale : lorsque des jeunes font d’objet d’une décision judiciaire, par exemple suite à la dégradation de l’espace ou du mobilier urbain (tags ou casse), elles·ils ont désormais la possibilité d’effectuer ces mesures de réparation pénale auprès de collaborateur·rice·s volontaires de 3F, sur proposition des services éducatifs de la PJJ ; 
> l’animation de stages de citoyenneté : des jeunes ayant eu des comportements inadéquats ou commis des provocations sont (re) sensibilisé·e·s aux valeurs républicaines au cours de stages d’une semaine animés notamment par des représentant·e·s de 3F ; 
>le pilotage de chantiers éducatifs : 3F nous accompagne pour aider des jeunes déscolarisé·e·s à élaborer leur projet professionnel ou de formation pendant deux semaines. Dans ce cadre, elles·ils échangent avec des éducateur·rice·s tout en contribuant, au sein d’une équipe, à un chantier d’amélioration des conditions de vie des habitant·e·s d’un quartier ; 
> l’expérimentation de colocations : nous partageons avec 3F la conviction qu’il est essentiel de permettre aux jeunes de se loger à des coûts compatibles avec leur budget. La colocation contribue à les aider à sortir de la rue ou des foyers. 

Martine Delfau : À travers ces quatre axes, ce partenariat contribue à responsabiliser les jeunes et à favoriser leur entrée dans la citoyenneté. Nous cherchons à sensibiliser chaque jeune à son rôle, à ses droits mais aussi à ses devoirs en tant qu’habitant·e d’un quartier. Nous insistons sur les nuisances que constituent les incivilités, dont les jeunes n’ont parfois pas réellement conscience. Le « vivre ensemble » repose sur le bon vouloir de chacun et de chacune, c’est un des  messages que nous cherchons à faire passer. 

Quel est l’intérêt de travailler ensemble pour 3F et la PJJ ?

Dominique Simon : Travailler avec 3F est essentiel, d’abord parce qu’il s’agit du premier bailleur social en France, en prise directe avec les réalités locales et en contact quotidien avec les habitantes et les habitants. Ensuite, nous partageons la conviction forte que c’est en nous mobilisant que nous donnerons une nouvelle chance aux jeunes tout en améliorant la vie des quartiers ! Transformer cette conviction en démarche institutionnelle avec la caution de 3F nous permet de changer d’échelle.

Martine Delfau : Sur ses territoires d’implantation, 3F est déjà fortement engagée dans la prévention de la délinquance et la lutte contre la récidive notamment à travers de nombreux partenariats avec les Clubs de Prévention et les Missions Locales. C’est l’une des priorités de la politique que nous menons au sein du département de Gestion sociale et urbaine. Agir en coopération avec la PJJ contribue à nous donner les moyens d’aller plus loin et de renforcer notre action.

Où en êtes-vous de la mise en œuvre des mesures de réparation pénale ? 

Martine Delfau : Quatre jeunes ont déjà effectué leurs mesures auprès de gardien·ne·s durant l’été dans le département de l’Essonne. Nous travaillons actuellement à l’accueil de cinq jeunes supplémentaires. Aujourd’hui, nous nous appuyons sur six gardien·ne·s, deux chef·fe·s de secteur et deux responsables habitat. Tous et toutes sont volontaires ! La diversité des métiers est intéressante car elle permet d’adapter le contenu des stages aux besoins et au profil des jeunes concerné·e·s. Nous cherchons à ce que ces jeunes perçoivent à terme cette contrainte comme une expérience positive dans leur parcours. 
La démarche d’accueil est co-construite avec les tuteur·trice·s. et les éducateur·trice·s de la PJJ.  Ce sont les gardien·ne·s qui ont souhaité partager leur quotidien en formant des binômes pendant le temps de la mesure ; trois jours répartis entre tâches d’entretien, suivi technique et échanges avec les locataires. Ce travail commun s’avère extrêmement efficace, tant en termes éducatif que de qualité de relation. Les jeunes réalisent l’importance du rôle de gardien·ne au sein de la résidence. Un respect mutuel naît de cette expérience !

Dominique Simon : Les premiers retours sont très positifs ! Les jeunes sortent de l’expérience grandi·e·s et enrichi·e·s. Elles ·ils se sont senti·e·s accueilli·e·s et accompagné·e·s et ont appris au contact des gardien·ne·s. Le fait de construire une relation individualisée avec un·e· gardien·ne· attentif·ve et bienveillant·e· est un vrai plus en termes de confiance !

Quelles sont les perspectives d'avenir ?

Dominique Simon : Né dans l’Essonne en avril, le partenariat entre 3F et la PJJ concerne désormais le Val-de-Marne, la Seine-et-Marne et le Val-d’Oise. Nous sommes en train de déployer la démarche au plan opérationnel dans ces trois départements. La dynamique s’avère porteuse ! 

Martine Delfau : Effectivement, l’élaboration d’une convention régionale est en cours.  Outre ce déploiement géographique, nous réfléchissons à diversifier le contenu des mesures de réparation, en accueillant dans la mesure du possible des jeunes dans les agences pour assurer des tâches administratives ou d’accueil.  Concernant l’expérimentation en colocation, nous travaillions à l’identification d’un lieu adapté à l’accueil de trois à quatre jeunes accompagné·e·s par leurs éducateur·rice·s dans leur parcours d’accès à l’autonomie. Cette étape intermédiaire constituera le dernier pas vers la réussite de leur insertion !

Un mot commun pour conclure ?

Dominique Simon et Martine Delfau : Grâce aux actions menées dans le cadre de ce partenariat, nous démontrons aux jeunes qu’elles·ils ont une place dans la société, que l’on croit en elles et en eux. C’est essentiel pour les inciter à prendre un nouveau départ !