Anna Cremnitzer – 3F : « Apporter aux territoires périurbains la juste réponse »

Publié le 28/06/2018

3F, qui réalise une part non négligeable de son activité de construction en territoires périurbains, revendique en la matière une vision fondée sur la coopération, l’ouverture et le sur-mesure. Explications avec Anna Cremnitzer, responsable architecture et développement durable.

Quelle est l’approche de 3F sur le développement périurbain ? Sur quelles orientations repose-t-elle ? 

 

Anna Cremnitzer
Anna Cremnitzer

3F est un acteur important sur les territoires périurbains puisqu’environ un quart de sa production s’y déploie, ce qui représente par exemple pour l’Ile-de-France autour de 1 000 logements par an. Ce volume de production nous a permis de mettre en place un certain nombre d’orientations spécifiques. 
La première d’entre elles, c’est le travail étroit que nous menons avec les territoires, les villes et les aménageurs : identification et recherche de terrains, montage de l’opération, dialogue permanent. Une fois le terrain trouvé, nous lançons le concours d’architecture, comme nous le faisons pour toutes nos opérations, qu’elles se développent en zone périurbaine ou non. Le jury qui procède au choix de l’architecte comprend, outre des représentants de 3F, le maire, son adjoint à l’urbanisme ou au logement et trois architectes indépendants qui apportent un regard extérieur. C’est l’occasion d’un échange entre l’ensemble de ces parties prenantes sur tous les paramètres de l’opération. Tous les sujets peuvent être abordés : les questions de densité, les prescriptions de matériaux ou architecturales, le stationnement, etc. C’est un vrai moment d’intelligence collective et de débat. 
Le deuxième point-clé, c’est notre coopération avec les CAUE, à savoir les conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement, que nous invitons systématiquement aux jurys d’architecture. Ces structures d’accompagnement et de conseil ont pour objectif de promouvoir la qualité des projets de construction dans le territoire départemental dont elles ont une très bonne connaissance. 

Nous nous réunissons donc deux fois : une fois pour le choix des trois architectes invités à concourir, retenus sur la base de leurs références et de leur écriture spécifique, la seconde pour retenir le projet qui nous semble le plus juste pour le site. Ce sont deux moments importants où nous travaillons main dans la main avec les territoires et, de plus en plus souvent, avec les associations de riverains qui sont appelées à nous faire part de leur point de vue sur le projet constructif. 

Dans quelle mesure cette politique peut-elle être séduisante pour les territoires périurbains ? 

Elle l’est à double titre. D’abord, parce qu’il s’agit de travailler dans une logique de concertation et d’ouverture. Ensuite, parce que nous travaillons pour choisir le bon architecte au bon endroit. Construire en zone périurbaine suppose de trouver les codes de domesticité adaptés, et ce n’est pas toujours aisé. Nous y apportons une attention toute particulière. L’idée c’est aussi de gérer la juste densité et de trouver l’échelle adaptée au contexte dans lequel la construction prend place. Pour le dire autrement, ce qui nous distingue, c’est le savoir-faire que nous avons, même si nous opérons dans le cadre de situations assez éclectiques : opérations de renouvellement urbain, accompagnement du développement des territoires, revitalisation de centres-bourgs… Nous avons par exemple signé un protocole rural avec le département des Yvelines pour redynamiser, via le logement social, les petits villages ruraux. 
Vous l’aurez compris, nous cherchons à chaque fois la juste réponse et sommes particulièrement attentifs à la localisation des terrains et à leur proximité des transports en commun. Au titre de notre politique de développement durable, nous nous engageons à ce que 90 % de nos constructions soient à moins de 10 minutes à pied d’un transport en commun. 

Quelles sont les opérations emblématiques réalisées par 3F en territoires périurbains ?

J’en citerai trois. À Cesson (Seine-et-Marne), 3F a réalisé avec l’agence d’architectes MDNH 80 logements sociaux inter-générationnels ainsi qu’un local associatif dans le cadre d’une opération de revitalisation de centre-bourg. Nos logements, qui s’inscrivent entre modèle individuel et collectif, ont pris place sur le terrain d’une ancienne station-service avec l’objectif de redynamiser le centre en s’inscrivant architecturalement dans le bourg. Nous avons travaillé étroitement avec le maire et l’aménageur Epa Sénart. Le résultat est très satisfaisant. 
De même, à Chanteloup-en-Brie (Seine-et-Marne), nous avons livré dans une ZAC 50 logements sociaux dans le cadre de l’émergence d’un nouveau quartier lié à l’accroissement démographique. Cette opération, architecturalement très réussie, a été réalisée avec l’agence Jean & Aline Harari Architectes pour l’aménageur Epamarne. 
Enfin, à Vineuil (Loir-et-Cher), nous avons développé un habitat destiné à accueillir des personnes âgées. 
Ces trois opérations sont emblématiques de nos savoir-faire et de notre approche sur-mesure.