Anne-Sophie Grave - 3F : «La digitalisation de nos activités démarre, nous devons l’amplifier»

Publié le 15/11/2017

Trois questions à Anne-Sophie Grave, directrice générale de 3F, trois mois après sa prise de fonction.

 

Anne-Sophie Grave, directrice générale 3F
Anne-Sophie Grave

Que diriez-vous de 3F trois mois après votre prise de fonction ?

Il me paraît utile de rappeler dans le débat actuel sur le logement social qu’aujourd’hui, les bailleurs sociaux vont bien au-delà de leur vocation première qui est de loger les personnes aux ressources modestes. C’est ainsi que 3F, par ses politiques sociales, accompagne ses locataires dans tout leur parcours de vie : mise en place d’un accompagnement social en cas de difficultés, développement de services dédiés aux locataires seniors, création d’une bourse d’échange de logements sur internet pour favoriser la mobilité, politique de vente de logements aux locataires pour favoriser le parcours résidentiel…. 

Par ailleurs, avec ses équipes dont 1 750 gardiens et gardiennes d’immeubles, 3F est mobilisée pour offrir une qualité de service à l’ensemble de ses locataires. Au-delà de la seule gestion locative, investi dans le développement social et urbain, 3F met en place des projets pour favoriser l’insertion professionnelle, renforcer la tranquillité des résidences et améliorer le cadre de vie.

Enfin, par son implantation sur des territoires très divers en Ile-de-France et en régions, 3F accompagne les collectivités dans leurs projets urbains, dans le développement d’une offre nouvelle de logements, dans l’émergence de nouveaux quartiers ou la requalification de quartiers anciens.

 

Quelles vont être vos priorités pour ces deux prochaines années ?

Le développement durable demeure pour nous une priorité. Réduire les charges d’énergie c’est très concrètement agir sur la quittance de nos locataires, sujet d’actualité... Avec une production d’environ 10 000 logements par an, nous avons un vrai levier pour contribuer à un cycle environnemental vertueux. Ainsi, pour toutes nos opérations de construction neuve conduites en maîtrise d’ouvrage propre, nous nous engageons sur un niveau de performance RT 2012 -20 %. Par ailleurs, nous aurons traité les patrimoines les plus énergivores de notre parc d’ici 2022. Tant la construction neuve que les réhabilitations du parc existant nécessitent des ressources et mobilisent un niveau élevé de fonds propres, il faut le rappeler. 

Autre enjeu majeur pour 3F : celui d’adapter ses produits et services pour répondre aux évolutions de la société : recompositions familiales, vieillissement de la population, paupérisation croissante des nouveaux locataires…   

3F doit également saisir les potentialités ouvertes par le numérique. La digitalisation de nos activités démarre, nous devons l’amplifier que ce soit dans la conception des logements, leur exploitation ou les services. Nous venons ainsi de prendre l’engagement de généraliser le BIM (Building information modeling) à toutes nos opérations de construction neuve dès 2020. Par ailleurs, les collaborations que nous menons avec des start-ups constituent également des terrains d’expérimentation précieux :   nous démarrons ainsi la mise en œuvre d’une plateforme numérique qui collectera les données de nos bâtiments connectés afin d’en améliorer l’exploitation et développer de nouveaux  services pour nos locataires.

 

Quelle est votre analyse des réformes en débat sur le logement social ?

Les mesures envisagées dans le projet de loi de Finances auront un impact très conséquent sur la capacité des organismes de logements sociaux à construire ou rénover les logements.

Fortement interpelés aujourd’hui en tant que bailleur social, il nous faut plus que jamais nous projeter dans l’avenir, dans un environnement où les financements publics du secteur seront de plus en plus rares, où le numérique aura modifié les attentes des locataires et les services que nous pouvons proposer. Nous aurons à réinventer le logement social et son modèle économique. 

A l’heure du crowdfunding, des plateformes citoyennes, du financement participatif, comment faire venir des investisseurs socialement responsables dans le logement social ? A l’heure du numérique, peut-on trouver d’autres relais de croissance dans les services ?

Les partenaires sociaux ont montré, avec la réforme d’Action Logement, leur capacité à porter des réformes structurelles ambitieuses pour accroître l’efficience, mieux répondre aux enjeux du logement des salariés, de la mobilité et du lien emploi-logement. 

A nous bailleurs sociaux, de trouver et proposer, dans le cadre d’un pacte à trois ans, les voies et moyens pour faire évoluer notre modèle, en nous projetant dans un environnement économique et numérique qui sera différent demain.