La réalisation se situe à l’extrémité de la ZAC Clause-Bois Badeau, sur la friche de l’ancienne graineterie Clause, à la frontière entre espace urbain et zone rurale

La réalisation se situe à l’extrémité de la ZAC Clause-Bois Badeau, sur la friche de l’ancienne graineterie Clause, à la frontière entre espace urbain et zone rurale

Colonne vertébrale du projet, la venelle dessert l’ensemble des logements

Colonne vertébrale du projet, la venelle dessert l’ensemble des logements

Les locataires disposent de 3 entrées/sorties possibles pour aller de la rue à leur logement. Aller travailler, se promener... à chaque usage, son itinéraire !

Les locataires disposent de 3 entrées/sorties possibles pour aller de la rue à leur logement. Aller travailler, se promener... à chaque usage, son itinéraire !

Les locataires disposent de 3 entrées/sorties possibles pour aller de la rue à leur logement. Aller travailler, se promener... à chaque usage, son itinéraire !

Les locataires disposent de 3 entrées/sorties possibles pour aller de la rue à leur logement. Aller travailler, se promener... à chaque usage, son itinéraire !

Les locataires disposent de 3 entrées/sorties possibles pour aller de la rue à leur logement. Aller travailler, se promener... à chaque usage, son itinéraire !

Les locataires disposent de 3 entrées/sorties possibles pour aller de la rue à leur logement. Aller travailler, se promener... à chaque usage, son itinéraire !

En harmonie avec son environnement, le projet laisse une belle place à la nature, avec de nombreuses essences locales plantées à l’intérieur de la venelle.

En harmonie avec son environnement, le projet laisse une belle place à la nature, avec de nombreuses essences locales plantées à l’intérieur de la venelle.

Emmanuelle Colboc, architecte : « le logement fait le lien dans la ville »

Publié le 28/06/2018

Immobilière 3F a livré en juillet 2017 une opération de construction portant sur 73 logements sociaux et un pôle pouvant accueillir une vingtaine de médecins. Imbriquant ville et nature, le projet s’inscrit en parfaite cohérence avec l’identité de Brétigny-sur-Orge, commune de l’Essonne située à la frontière entre espace urbain et zone rurale. Entretien avec Emmanuelle Colboc, architecte, et Thomas Brouté, chef de projet 3F, qui ont mené l’opération.

« Lorsque le projet est sorti, j’ai eu l’impression d’avoir donné vie à un village gaulois » sourit Emmanuelle Colboc. «Ce sentiment était d’autant plus vivace que la réalisation en briques rouges est très visible au milieu des champs ! ». « Les urbanistes Germe & Jam avaient planté le décor, précise Thomas Brouté : nous devions créer un front de rue sur l’artère principale, la rue du Bois de Châtres, voie structurante du futur quartier. Nous étions les premiers ! Aujourd’hui, alors que d’autres réalisations sortent de terre, nous sommes fiers d’avoir insufflé l’impulsion initiale. »

La ZAC Clause-Bois Badeau, dans laquelle la réalisation s’intègre, est née de la démarche de l’aménageur Sorgem de constituer une ville-parc le long de la rue du Bois de Châtres. « Cette volonté était prégnante dans la consultation lancée début 2013, se souvient Thomas Brouté. Comme nous avions déjà mené deux projets à Brétigny-sur-Orge, justement avec cet aménageur, cela a facilité notre bonne compréhension de leurs attentes. »

 

Deux plots et une venelle

Outre de poser la première pierre d’un nouveau quartier en plus d’un bâtiment porche, le projet devait s’articuler autour de deux plots et d’une venelle. L’ambition de cette venelle, traversant la parcelle dans sa longueur, était de relier la rue du Bois de Châtres, appelée à s’urbaniser, au parc Bois-Badeau à son autre extrémité. « Conçue comme une traverse, cette venelle est la colonne vertébrale du projet. Ce passage qui matérialise le lien ville-campagne a inspiré sa conception et son organisation. Travailler le logement c’est d’abord installer un lieu de vie qui s’adresse à la ville. » explique Emmanuelle Colboc.

 

Dessiner différents modes d’habiter

Si le projet a tant motivé Thomas Brouté et Emmanuelle Colboc, c’est qu’il offrait l’opportunité de penser et de développer différents modes d’habiter. « Nous couvrons tous les types d’habitat, constate Thomas Brouté. Nous avons cinq maisons individuelles installées le long de la venelle. À la fin de ce passage, on trouve de l’intermédiaire. Enfin, l’opération intègre des logements collectifs, avec les deux plots, bâtiments autonomes ouverts sur leurs quatre faces. » « La particularité de ces plots, complète Emmanuelle Colboc, est que j’ai choisi de les dédoubler afin que la lumière naturelle entre partout, y compris sur les paliers. Cela permet aussi de jouer sur la volumétrie et de les affiner. Enfin, comme les deux plots sont pivotés, ils interagissent l’un avec l’autre. »

Dernière composante de la réalisation : l’immeuble porche donnant sur la rue du Bois de Châtres dans laquelle les logements sont desservis par un système de coursives. « Ainsi, nous offrons une intégralité de logements traversants, dans lesquels les locataires peuvent voir le soleil se lever et se coucher. » précise Emmanuelle Colboc.

Élément de diversité supplémentaire, le projet prévoyait l’installation de quatre ateliers d’artistes au rez-de-chaussée des logements collectifs. Ils constituent l’assise du projet, en s’enfonçant dans le sol afin d’augmenter la hauteur sous plafond et d’offrir trois demi-niveaux dans une ambiance loft.

Enfin, si l’aménagement d’un pôle médical renforce cette diversité, elle apporte surtout une réponse à la problématique de désert médical à laquelle ce quartier était confronté. Installé à l’angle le plus urbain de l‘ensemble pour le centre de santé bucco-dentaire, il occupe aussi le premier niveau du bâtiment de la rue du Bois de Châtres pour la Maison de Santé pluridisciplinaire du Bois Badeau. Avec cette installation, locataires comme riverains disposent désormais d’un équipement ambitieux sur une surface totale de 800 m2 avec pas moins de onze médecins et de cinq dentistes.

 

Offrir une qualité résidentielle

Outre la définition architecturale et le choix des matériaux – briquette et bois -, la dimension résidentielle du projet tient à l’extrême soin apporté aux orientations, aux vues et à la lumière. Tous les logements disposent d’un espace extérieur privatif à l’abri des regards, d’un cellier et de salles de bains éclairées naturellement. Les jeux des verticales rehaussent la qualité de l’ensemble au travers des clôtures ajourées, des garde-corps ou encore du local-vélo. 

L’échelle de 73 logements est propice à l’installation de multiples petites attentions qui, in fine, fabriquent un lieu habité conclut Emmanuelle Colboc. Je pense bien sûr au porche sur la rue de Bois de Châtres, adresse principale de tous les locataires, qui révèle en transparence l’intérieur de la parcelle et à la venelle qui distribue tous les logements. Nous avons aussi souhaité offrir à chaque locataire trois itinéraires au choix pour rentrer chez lui, avec, en plus de l’entrée principale, deux autres portails, l’un au bout de la venelle débouchant dans le parc et l’autre sur la voie sud. ». Parce que la qualité durable d’un lieu de vie se niche aussi dans les détails.

 

«  La ville se densifie, la société se durcit, l’habitat se rétrécit. Le logement demeure le lieu de vie de chacun, son lieu de repli. Nous devons être extrêmement attentifs aux choix que nous faisons, jusqu’aux plus petits, qui doivent être optimum. C’est une question éthique qui relève de notre responsabilité en tant qu’acteurs du logement. »

 

L’agence Emmanuelle Colboc & associés

Installée depuis 1987, Emmanuelle Colboc s’est associée en 2009 à trois collaborateurs pour créer l’agence Emmanuelle Colboc et associés. Conjuguant aux expertises de l’agence des apports en matière d’urbanisme, de paysage et d’architecture, l’agence Emmanuelle Colboc et associés recherche une écriture architecturale sobre, pertinente et engagée quelle que soit la typologie du projet : programme hospitalier, logement, équipement pour l’enfance, bâtiment scolaire ou universitaire. Elle s’attache à la lumière, à la matérialité et au potentiel d’un site, tout en étant attentive à la qualité d’usage du projet et à son inscription dans l’environnement pour entrer en résonance avec « ce qui est déjà là » et le rapport à la nature en tout lieu.

 

 

La fiche du projet

> Localisation : rue du Bois de Châtres et avenue Jacqueline de Romilly à Brétigny-sur-Orge (91).

> Programme comprenant 73 logements sociaux, un pôle de santé bucco-dentaire et une maison de santé pluridisciplinaire.

> 5 T1, 25 T2, 25 T3, 11 T4 et 7 T5, avec 3 ateliers d’artiste au rez-de-chaussée

> 15 PLAI, 58 PLUS > Maîtrise d'ouvrage : Immobilière 3F

> Maîtrise d’œuvre : Emmanuelle Colboc et Associés

> Bureaux d’études : SAS Mizrahi et CoBe

> Entreprise de travaux : Bagot

> Labels : RT 2012 -10 %, H&E profil A, Cerqual

1 projet, 5 dates

> Début 2013 : Immobilière 3F est choisie par la Sorgem au terme d’une consultation

> Été 2013 : désignation de l’agence Emmanuelle Colboc et associés comme lauréate de la consultation

> Été 2014 : obtention du permis de construire

> Fin 2014 : démarrage des travaux

> Juillet 2017 : livraison du projet