Chanteloup-en-Brie (77) - Jean & Aline Harari architectes

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Chanteloup-en-Brie : regard sur une opération exemplaire en ZAC

Publié le 28/06/2018

Commune de Seine-et-Marne située à proximité du centre urbain du Val d’Europe et de son hub de transports en commun, Chanteloup-en-Brie a construit une partie de son patrimoine locatif social avec 3F. Retour sur l’opération livrée en 2012.

Le fait

Fin 2012, 3F a livré au sein de la ZAC du Chêne Saint-Fiacre de Chanteloup-en-Brie une nouvelle opération de 60 logements sociaux, après celles de 2009 et 2010. Fruit d’un partenariat pérenne entre la ville, l’aménageur Epamarne et 3F, ce programme a été conçu par les architectes Jean et Aline Harari. « Nous avons opté pour de nouvelles typologies dans l’optique de lutter contre l’étalement urbain et de constituer une micro-urbanité domestique », indiquent-ils, alors même que le programme prenait place dans le contexte architectural caractéristique du monde pavillonnaire périurbain : maisons en tuile traditionnelle, toiture à quatre pentes, clôtures dotées de muret… « Il s’agissait ici de faire quelque chose de totalement différent et de conjuguer, au bénéfice des locataires, bien-vivre et approche innovante » souligne Nazir Safla, alors chef de projet, et désormais directeur du développement en Ile-de-France au sein de 3F. 

Le commentaire

Cette opération se distingue à plusieurs titres.
Au plan urbain tout d’abord, puisqu’elle introduit, selon l’expression de l’architecte Aline Harari, « une notion de densité qui n’existe pas par ailleurs ». Les maisons du programme, composées de logements individuels et d’appartements, sont tantôt accolées deux à deux, tantôt superposées. Les habitants du rez-de-chaussée ont accès à un jardin tandis que ceux du 1er étage disposent d’une terrasse. Cette réalisation a, plus globalement, pris le parti de l’innovation : création, avec le paysagiste D’ici là, d’une coulée verte arborée au cœur de l’îlot qui constitue un lieu de passage et de promenade, implantation des logements par grappes autour de cet espace vert, réduction des jardins privatifs à leur strict minimum en termes de besoins, respect de l’intimité de chacun des locataires grâce à un assemblage des logements en « L ». 

Au plan architectural ensuite, dans la mesure où un effort particulier a été fait en termes d’organisation fonctionnelle des logements qui sont tous double orientés et traversants, c’est-à-dire dotés d’ouvertures sur l’extérieur sur au moins deux façades d'orientations différentes. Les pièces d’eau sont éclairées naturellement et des espaces de circulation ont été prévus pour accentuer la qualité d’usage des logements. Les murs sont quant à eux à ossature bois, ce qui permet une régulation naturelle de l'hygrométrie des logements. La réalisation est certifiée Habitat & Environnement Profil A. Les 40 logements individuels bénéficient du label Très Haute Performance Énergétique (THPE) 2005 tandis que les 20 appartements sont certifiés BBC Effinergie 2005. 
En ce qui concerne les parkings, le raisonnement s’est fait autour de poches de stationnement afin de favoriser une insertion au sein de groupes d’habitation avec pour objectif de les rendre le moins visibles possible. La réalisation, qui a pris le soin de s’attacher aux détails – qualité des finitions, belle place à la luminosité, attention portée à l’étanchéité, importance du végétal – se singularise « par le souci de mettre l’accent sur le bien-vivre » précise Nazir Safla. Un sentiment partagé par Marcel Oules, maire de Chanteloup-en-Brie depuis 2006 et élu communal depuis 1995, qui considère qu’il s’agit « d’un beau projet avec des logements sociaux de grande qualité, agréables à vivre pour les locataires ». 

Au plan de la coopération enfin, puisque les difficultés liées à la mise en œuvre du projet ont pu être levées grâce à une démarche permanente d’échange et de dialogue avec la mairie et l’aménageur. Le choix du bois pour les façades, proposé par 3F et les architectes pour diminuer le coût de l’opération, a été in fine approuvé par la mairie alors qu’elle n’y était pas spontanément favorable. Le projet a donc pu au final capitaliser sur le bois, une part de briques et la tuile canal. Seul bémol : le bois a grisé. Même s’il s’agit d’un phénomène naturel, la ville ne s’y attendait pas forcément. Pour Marcel Oules, « la couleur du bois a changé beaucoup plus rapidement que prévu. Mais cette déception ne remet nullement en cause la coopération que nous avons avec 3F. Nous avons d’ailleurs depuis travaillé ensemble sur d’autres programmes qui seront prochainement inaugurés ». 
À la fois qualitative et atypique, cette réalisation a été lauréate en 2015 du Prix national de la construction bois, du prix AMO en 2013, des Victoires du paysage (bronze) en 2016 et a même été présentée au pavillon français à la Biennale d’architecture de Venise de 2016. C’est un motif de fierté légitime pour l’ensemble des acteurs qui ont travaillé sur ce programme.