Une partie des bâtiments a été clôturée. Cette résidentialisation permet aux locataires de disposer d’un meilleur cadre de vie.  ©Schnepp Renou

Une partie des bâtiments a été clôturée. Cette résidentialisation permet aux locataires de disposer d’un meilleur cadre de vie. ©Schnepp Renou

La résidence affiche aujourd’hui une étiquette C contre E auparavant. ©Schnepp Renou

La résidence affiche aujourd’hui une étiquette C contre E auparavant. ©Schnepp Renou

Modernisation des parties communes : l’éclairage, les sols et les murs ©Schnepp Renou

Modernisation des parties communes : l’éclairage, les sols et les murs ©Schnepp Renou

Les logements de la résidence ont tous été mis au normes ©Frask Architectes

Les logements de la résidence ont tous été mis au normes ©Frask Architectes

Retour sur une réhabilitation pas comme les autres à Montmorency

Publié le 12/02/2019

Dans cette commune du Val-d’Oise, 57 logements ont fait l’objet d’une importante réhabilitation thermique. À cette occasion, les appartements, qui ne répondaient plus aux standards actuels, ont été modernisés et réagencés. Décryptage.

Située sur les hauteurs de Montmorency, rue de la Grille et rue du Cadran, cette résidence de 57 logements sociaux essentiellement de petite taille – 2 ou 3 pièces avec par exemple moins de 40 m² pour un T3 – a été construite en 1954. Composée de 7 bâtiments, elle héberge principalement une population âgée confrontée à d’importantes difficultés sociales et économiques. Dans le cadre de sa politique visant à éradiquer les étiquettes E, F et G de son patrimoine , 3F a décidé de procéder sur cette résidence à une importante opération de rénovation thermique. Cette démarche devenait d’autant plus urgente que « les logements, qui se caractérisaient par une faible performance énergétique, étaient par ailleurs vétustes dans leur aménagement et doté d’installations électriques datées », souligne Catherine Dufour, cheffe de projet patrimoine chez 3F. C’est pourquoi « l’opération de rénovation thermique s’est accompagnée d’une reconfiguration des locaux visant, pour l’essentiel, à doter ces logements de salles d’eau, en supprimant la présence de la douche dans les cuisines », indique Laure Fournier, fondatrice associée de Frask Architectes. 

Cette opération, livrée en mars 2018, est intéressante à plusieurs titres. 

Au plan technique tout d’abord, puisqu’elle a fait l’objet de travaux agissant sur l’ensemble de la performance énergétique des bâtiments : surisolation par l’extérieur, mise en place d’un bardage minéral au rez-de-chaussée et au niveau des cages d’escalier, étanchéité des toitures, création d’une ventilation mécanique contrôlée (VMC), installation de robinets thermostatiques sur les radiateurs. « C’est toute l’enveloppe thermique qui a été refaite et optimisée », résume Laure Fournier. Le résultat est conforme à l’objectif avec une résidence qui affiche aujourd’hui une étiquette énergétique de classe C, contre E avant les travaux. 

Au plan architectural ensuite, dans la mesure où les logements, bien que petits, ont été repensés et réaménagés en profondeur. Une salle d’eau a été créée dans chaque logement, les équipements sanitaires ont été remplacés et différents travaux de mise en sécurité ont été déployés sur les installations électriques. À noter que les parties communes ont, elles aussi, fait l’objet d’une réfection complète et que l’îlot a été clôturé dans une perspective de résidentialisation. Pour Catherine Dufour, « la rénovation énergétique s'inscrit pour nous dans le cadre plus large d'une optimisation du cadre de vie de nos locataires. Les deux sujets ne sont pas séparés mais bien indissociables ! ». 

Au plan de la méthode en troisième lieu avec l’organisation d’une opération "à tiroirs". En effet, compte tenu de l’ampleur de la restructuration opérée, il a fallu pendant les travaux reloger de façon temporaire les locataires. Comme il n’est pas toujours facile voire possible de déplacer autant de personnes en même temps, « nous sommes intervenus cage d’escalier par cage d’escalier » précise Laure Fournier. 

Au plan de la coopération enfin puisque l’ensemble des parties prenantes – maîtrise d’ouvrage, bureau d’études, locataires, agence d’architectes, mission MOUS* – a su travailler main dans la main en capitalisant sur l’écoute, la réactivité et le volontarisme de chacun. « Ces facteurs-clés de succès s’avèrent essentiels » pour Laure Fournier qui se réjouit des modalités de cette collaboration. 

Au terme de cette opération, qui a été financée par 3F grâce aux éco-prêts et qui ne s’accompagne d’aucune augmentation de loyer, « les locataires se déclarent très satisfaits. Ils se félicitent du résultat, même s’ils auraient aimé disposer de salles d’eau plus grandes ce qui, compte tenu de la taille des logements était évidemment impossible » résume Stéphanie Wituschinski, responsable habitat à l’agence du Val-d'Oise de 3F. Il n’en demeure pas moins que leur cadre de vie s’est singulièrement amélioré ».

Un premier bilan portant sur les économies générées pourra être établi d’ici 18 à 24 mois afin de mesurer l’impact concret des travaux sur le niveau global des charges. 

* La MOUS ou maîtrise d’œuvre urbaine et sociale a pour objectif de promouvoir l’accès au logement des personnes et familles défavorisées.